lundi 29 mars 2010

Un lettre qui nous ressemble un peu plus chaque jour.

A julien Sarrazin, 21 avril 1958

Tu n'as donc pas compris que pendant des mois à Paris, et des années ailleurs, j'ai joui comme on se tue, j'ai poursuivi le fric parce qu'il donne l'illusion de posséder quelque chose, rageusement ce qui vous rend jaloux ? j'ai cru que la...(une ligne illisible). J'ai piétiné tous les espoirs à la traîne, j'ai brisé ce que j'aurais adoré.
Tout ça, c'était raté. Je pouvais me contracter des heures entières, passer enfin pour la dure salope, la perdu, l'irrécupérable. J'ai à mon actif toutes les vacheries, toutes les débauches. Mais comment, toi, n'as tu pas senti que, tout fondait à la moindre étincelle de beauté? que toute haine tournait en moi à l'indifférence et qu'en fin de compte, je jouais ma dernière chance sur l'amour? Et que je ne pourrai jamais passer en marche arrière ? N'importe. Je veux croire, jusqu'au bout.


Albertine Sarrazin

lundi 22 mars 2010

Je fluide ton rang.

Je fluide sur des notes de musique que jamais je n’avais connu.
Je vous tolère beaucoup trop.
Je me plie et déplie
Le masque devant la face pour vous cracher une douce verveine
Filtrant le marc de café, agressif, et tragique.
J’avais construit de mes mains un palais,
Chaque pierre vous représentait.
Souvent de vos yeux ronds vous me regardiez.
Vous étiez heureux de me voir vous tenir les mains.
Quand des pierres m’ont blessé, vous vous êtes dissipé.
Long fut mon chemin dans le noir vide.
Les appels radio ne vous ont pas atteint.
Enfant d’Hitler,
Seul pour vous résonnait votre monde.
Mais vous n’avez rien gagné.
Vous m’avez perdu,
De vos rang droit.
Je suis comme une enfant que tu viens de gifler.