vendredi 20 novembre 2009

Help

Trouvez moi ce bouton monsieur
Et quand vous l’aurez trouvé.
Appuyez très fort.
Jusqu’au moment ou s’enclenche la mécanique glaciale
Qui dans l’accélération, s’échauffera, jusqu’à en mourir
Fumé blanche, fumée noire, qu’importe la cadence
Que fulmine l’essence.
Sans peur des matins nauséabondes
Machine du diable qui foncera dans les chairs et tendres
Laissant les masses inertes de marbres au sol mère.
Dans ce pacte, l’âme en feu perdue dans le tintamarre sourd.
Rien ne peut activer un fidèle monstre.
Pas même un grain de peau, raffinée.
Il n’existe aucun remède au rhumatisme.

mercredi 26 août 2009

ARG !


Tu crois qu’un chien ma mordu
Tu ni crois pas, mais tu croises les doigts en croix
Tu aurais peur que la réalité redevienne
Tu oses à peine toucher l’épiderme
Tu sais que je suis là, mais pourquoi
Je suis un aigle noir
Qui ne sais nager.
Que vas-tu faire ?

dimanche 9 août 2009

Nettoie cyanure

J’avale une bouteille de cyanure, je veux tuer de l’intérieur tous ce qui est amers.

La salive et le sang coulent mes membres asservis, et rigides.

Vers le bas, du haut, de chez moi, comme une rigole neuve.

Les globules roulent, s’extirpent de mes ports.

Quand c’est bordeaux, c’est profond, le sang se mélange au mal.

Que voulez vous faire mademoiselle ? Aujourd’hui je nettoie les rats, je bouge les meubles.

Je serre mon éponge de sa valve sort de l’eau sale.

Je frotte, je frotte, mais avec de l’eau si sombre on ne nettoie pas.

Serre les dents, casse ton coude, et fais ton travail interne.

Organigrammes d’organes, chacun perd sa place, pour le pire et le meilleur.

Pour cacher les odeurs, remplir de fleurs.

Il ne reste plus qu'un boule de chair creuse, comme un sac.

Contenant la chair à canon sans munition.

Les éboueurs passent demain.

On dit toujours que demain est à notre tour.

dimanche 5 juillet 2009

Guerre dans nos cuillères.

On se fait la guerre avec nos cuillères.
Un jour c’est toi, un jour c’est moi.
Demain sans rien, demain sans voix.
Tu me lances des petits poids, je te passe le sel.
La bataille continue.
Sur la table un désordre, impossible à ranger.
C’est dans le mal qu’on se sent vibrés.
La cantinière ne veut plus nous servir à manger.
J’espère que quand j’aurai bu ma soupe je deviendrai grand.
Mais elle ruisselle dans mes veines et ne demande qu’à exploser.
Tu n’aimes pas la soupe verte, et la mienne n’est pas rouge.
Et quand se mêlent dans nos pieds les spaghettis, je tombe en premier.
Qui ne châtie pas aime pas.
Et quand sonne l’heure de la récrée, nous en sommes soulagés,
Posons nos couverts sans éclats de vers.

dimanche 28 juin 2009

ELLE


Elle avait beau dire que c’était ses allergies, qui lui piquaient les yeux.
Il n’en était rien, elle n’avait d’autre excuse pour cacher sa mélancolie.
Mélancolie, mélange de colère.
Sa tête n’était plus que sac de papier kraft, que la pluie souille.
Sans cesse elle frottait ses mains sur son jeans, espérant ainsi laver le sang.
Elle anticipait tout, sans laisser le hasard prendre les reines et l’emmener au bal.
Physiquement elle était belle, les yeux de boules de cristal, les lèvres d’entrailles, la peau de velours hongrois, les fesses de guapa. Elle faisait tourner les têtes à 180°.
Sur la toile de sa vie, se trouvait une tâche âcre et sournoise, vilaine, et ironique.
Elle l’avait entouré de multiple cercles de crayon rouge, encore, et encore.
Les gens autour, avant n’avaient jamais vu cette tâche.
Le rouge fait ressortir les maux, et en cela je vois un A et un A et un S.
Etrangère intérieure, sur l’étagère supérieure.
Elle prit un Myzollen pour sa soit disant rhinite allergique.
30 minutes plus tard, les seuls symptômes restant n’en étaient pas.

mardi 23 juin 2009

Sam assainis toi.

Sam, Sam, Sam
On le répète souvent.
Brises pas ci, brises pas ça.
Tais toi, écoutes moi.
Mais Sam n’écoute rien sous son chapeau.
Cet être sait viser les cibles le dos tourné.
Et seul les flèches qui traversent son abdomen, ne frôle le cœur qu’un instant.
Tu pourriras les dents devant. Assise dans la boue.
Tes excréments ne font qu’un avec ta vie.
Mélange homogène, trompant le vide.
N’espère jamais trouver un radius pour te relever de ton fumier.
Aucune phalange ne te pansera.
Assainis toi.

lundi 8 juin 2009

Vieille incendiaire.

J’irai sauvée quelques vieilles de l’incendie du home.

Je peux bien faire ça, je peux bien les sortir de là.

Les cendres s’accrochent dans les plis.

Brûlent bibelots, crapauds et chats.

Une noire fumée s’élève du caoutchouc des roues

L’alarme est donné, on en a perdu un.

Œil pour œil dents pour Jean.

C’est le grand feu, on renouvelle les moins vivants.

Craquement des portes de bois, crépitements des chairs, battement lointain des cœurs en feu.

Les passions ardentes des premiers amours fondent dans la chaleur des corps sombres.

Pots de chambre, potes de chambre s’activant comme un régiment.

Sauvons ces dames crie le général.

Coquettes en nuisettes, coquettes à roulettes, coquettes en chaussettes.

Les camions rouges déversent de l’eau.

Flottent bibelots, et crapauds.

Devant les cendre de leurs amis,

Devant les cendre de leur dernière vie,

Ils soupirent sur leurs petits lits.